mercredi 4 novembre 2009

Livre du jour : 1974 de David Peace


Leeds, Yorkshire, nord de l'Angleterre, 1974. Jeanette Garland : disparue à Castleford en juillet 1969. Susan Ridyard : disparue à Rochdale en mars 1972. Quant à Clare Kemplay, elle vient de disparaître à Morley, en revenant de l'école. Son cadavre sera bientôt retrouvé dans une tranchée à proximité d'un chantier de construction.
Edward Dunford, journaliste au Yorkshire Post est encore un néophyte qui doit faire ses preuves dans l'ombre du reporter vedette Jack Whitehead. Pour chasser le scoop (du moins, le pense-t-il), il devra parcourir les routes de l'ouest du Yorkshire au volant de la vieille Viva de son père, qui vient de décéder.
Les indices qu'il va découvrir vont petit à petit lui faire prendre conscience que bien des choses paraissent propres en surface et que dessous, on trouve une pourriture innommable.
En quelques mots : une terrible et très grosse claque ! David Peace n'a pas son pareil pour décrire, dans les moindres détails, l'étendue de la corruption qui sévit dans l'ouest du Yorkshire. Styliste hors pair, au même niveau qu'Ellroy, son écriture, fluide, précise, un rien cynique et qu'on pourrait sembler croire prisonnière d'un cercle vicieux de répétitions, participe pleinement à la noirceur de l'intrigue.
Des personnages portés par leur sombre destin, prisonniers d'une douleur sourde et qui, pourtant, avancent, attentifs aux compromissions des uns et des autres.
1974 est le premier volet du "Red Riding Quartet". Il est suivi de 1977, 1980 et 1983.
On ressort lessivé de ce polar sombre de 332 pages mais avec le sentiment d'avoir découvert un immense auteur.
Note: 20/20.

lundi 26 octobre 2009

Polar : Le silence avant l'orage (6)



Et voilà, le chapitre 11 est ouvert... Ça se complique un peu pour Edward Bailey, héros de cette aventure. Mais...
Voici quelques photos pour vous faire une idée de Saint Kilda.
A +

jeudi 22 octobre 2009

Livre du jour : L'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May


L'inspecteur Fin Macleod est traumatisé par la perte récente de son fils. Déjà chargé d'une enquête sur une meurtre commis à Edimbourg, il est envoyé sur Lewis, son île natale. Un cadavre y a été exécuté selon un modus operandi identique. Cependant, Macleod en croit pas à l'existence d'un lien entre les deux affaires.
Sur cette île du nord de l'Écosse, battue par les tempêtes, couverte de landes, où les gens parlent encore la langue gaélique, observent le sabbat chrétien et se chauffent à la tourbe, Fin retrouve ses amis d'enfance. c'est un passé douloureux qui resurgit : Artair, son meilleur ami, dont le père a péri en voulant sauver Fin lors de l'expédition qui, chaque année, réunit une douzaine d'hommes sur le rocher inhospitalier d'An Sgeir pour la chasse aux oiseaux nicheurs. Il y a aussi Marsaili, son amour de jeunesse, qui est désormais mariée à Artair. Et Angus Macrichie, terreur locale, dont la mort est la cause du retour de Macleod sur Lewis.
A la fois roman noir et roman d'enquête, il se dégage de ce polar une ambiance lourde marqué par le deuil, le souvenir, les non-dits et la puissance des sentiments. On s'attache aux pas du personnage principal dont l'enquête va être l'occasion de comprendre son passé et celui de ses amis.
Peter May, dont l'écriture épouse les contours de l'intrigue, jette en même temps la lumière sur l'archipel des Hébrides, cadre peu utilisé dans le polar et nous immerge dans cette communauté où tout le monde croit se connaître. Il nous propose une intrigue forte où alternent des chapitres relatifs à l'enquête et d'autres traitant de la jeunesse de Fin Macleod.
L'auteur qui, jusqu'alors avait placé ses polars sous le signe de la Chine, signe ici un roman sombre à l'intrigue haletante.
Note : 18/20.

samedi 10 octobre 2009

Livre du jour : Champs d'ombres de Cornelia Read


Madeline Dare, rejeton sans fortune d'une vieille famille wasp de Long Island tente de gagner sa vie comme journaliste au Syracuse Weekly. Elle est mariée à Dean, issu d'une famille de rednecks. Rendant visite à ses beaux-parents, on lui montre des plaques militaires d'identité ramassées dans un champ ou, dix-neuf ans plus tôt, deux jeunes filles ont été massacrées.
Le problème pour Madeline, c'est que les plaques ont appartenu à Lapthorne, son cousin préféré. Elle décide alors de se lancer dans l'enquête, afin de le disculper.
Au bout de 507 pages, j'ai envie de dire : tout ça pour ça ! D'emblée, l'auteure installe une héroïne qui se voudrait attachante mais qui passe son temps à se plaindre. Ensuite, il y a l'entourage de Madeline : une famille de bourgeois facilement détestables qui vit sur ses principes.
L'intrigue, quant à elle, contient bon nombre de digressions, Cornelia Read prenant plaisir à s'arrêter sur des détails anodins tels que les repas de famille. De plus, le mystère (s'il y a mystère ?) est résolu sur un coup de hasard particulièrement heureux.
Pour finir, le style m'a fait pensé au journal intime d'une adolescente en pâmoison devant son beau cousin.
Ce polar a été salué par de nombreuses revues spécialisées aux Etats-Unis comme (je cite la quatrième de couverture) "brillant et très original". Je me demande pourquoi.
Note: 9/20.

dimanche 4 octobre 2009

polar : Le Silence avant l'orage (5)

Quelques nouvelles de votre serviteur : chapitre 10 toujours en cours... Lectures du moment : Champs d'ombre de Cornelia Read et Cold Granite de Stuart MacBride.

A +

vendredi 11 septembre 2009

Livre du jour : Eightball Boogie de Declan Burke


Harry Rigby est un journaliste minable dans une ville du nord-ouest de l'Irlande. Spécialité : dénicher les scoops. Un beau jour, l'un de ses contacts lui donne rendez-vous sur les lieux d'un meurtre. La victime est l'épouse d'un politicien en vue, Tony Sheridan.
De plus, un certain Dave Conway, homme d'affaires qui cherche à se faire discret, s'adjoint les services de Rigby car il a des doutes sur la fidélité de son épouse. Ajoutez à tout ça le retour de Gonzo, le frère dégénéré de Rigby et secouez.
Décidément, l'Irlande est une terre de polar. A l'instar des ses confrères Ken Bruen et Colin Bateman, Declan Burke manie une langue et un humour bien propres à la verte Erin. Mais n'allez pas croire pour autant que c'est du copier-coller.
L'intrigue, quant à elle, est tordue à souhait et démontre que l'auteur a lu ses classiques américains (Hammett, Chandler et consorts). Burke se démarque néanmoins de ses illustres prédécesseurs en y apportant (tout de même !) sa propre touche.
Un très bon premier roman où Declan Burke marque déjà son territoire. A suivre.
Note : 15/20.

mardi 1 septembre 2009

Vacances, j'oublie tout...

Eh oui, chacun son tour ! Le Blog du polar se met en mode vacances, certes, bien après tout le monde mais chaque chose en son temps...
De retour, d'ici... la prochaine chronique.
A +